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Sida : une équipe marseillaise redonne l'espoir d'un vaccin efficace

15 mars 2016

Plusieurs équipes de chercheurs travaillent d'arrache-pied, à travers le monde pour décrocher le "Graal" : un vaccin enfin efficace contre le SIDA !
Parmi elles, une équipe marseillaise vient d'obtenir des résultats extrêmement encourageants en rendant le virus indétectable chez neuf des patients atteints du VIH qui ont testé ce nouveau vaccin.
L'information sera confirmée officiellement très prochainement via une publication dans la revue médicale américaine "Retrovirology". Il s'agirait d'une première, si l'on excepte le cas unique du malade dit "patient de Berlin". *

Il faut savoir qu’aujourd’hui on peut bloquer la réplication du VIH grâce à ce qu’on appelle la trithérapie mais les cellules infectées ne disparaissent pas. En cas d'arrêt du traitement, elles réapparaissent après trois semaines à un mois.
L'objectif de ce vaccin est de permettre l’élimination durable des cellules infectées par le VIH.

Le panel de test était composé de 46 patients volontaires infectés par le VIH, depuis une dizaine d'années et sous trithérapie.
Le protocole, étalé sur un an, prévoyait trois injections, à doses différentes, suivies d'une interruption de la trithérapie, pendant 2 mois. Les volontaires étaient répartis en 4 groupes, dont un groupe "placebo".
Pour neuf de ces patients, aucune trace de VIH n'était détectable pendant les 3 mois qui ont suivi l'arrêt des tests. Et trois d'entre eux sont encore dans ce cas, trois ans après.

L'essai clinique a été mené, depuis 2013, par le biologiste Erwann Loret qui dirige, au CNRS, le seul laboratoire de recherches marseillais sur le VIH et par le Docteur Isabelle Ravaux du Service maladies infectieuses de l'Hôpital de la Conception.
Le vaccin thérapeutique testé utilise la protéine Tat pour attaquer le virus. En effet, le sida, pour multiplier ses cellules dans un organisme infecté, sécrète une protéine, appelée Tat, qui perturbe le système immunitaire. L'injection de protéines Tat synthétisées va générer des anticorps capables de détruire les protéines Tat du sida.

Au préalable, le vaccin avait été testé sur plusieurs espèces animales et en particulier le macaque avec des résultats très probants.
Reste à présent à affiner le dosage du vaccin et à poursuivre les tests sur les humains à plus grande échelle, pour aboutir à une efficacité plus large.
Une phase qui va encore nécessiter plusieurs années mais l'espoir renaît...


* Le "patient de Berlin" est un cas unique de disparition de toute particule virale, dans son sang, comme dans ses tissus, mais il avait notamment subi une greffe de moëlle osseuse impossible à transposer à grande échelle.

 

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